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Ma langue double

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11 juillet 2018

Elle crie trop

 

Il y a des personnes qui chicanent à longueur de journée jusqu'à vous faire perdre la boussole et vous commencez à crâner comme elles. Criez aussi fort est contagieux. Elle a l'art cette femme de vous mettre l'aiguille à la langue et la puce à l'oreille et la boule à la gorge. Vous pétez les plombs et vous fulminerez autant qu'elle le fait lors de situations qui vous compromettront et vous mettront au pied du mur...    ça y'est ! vous vous êtes englué et la colle vous colle ! Tout ce qui reste à faire est de pester, être de son côté et surtout ne pas protester ne pas la contrarier elle vous enverrait ses flammes en plein visage et plein de crachats ; ce serait impossible de placer  un mot de contestation ou d'approbation car c'est quasiment impossible la personne fulminant est convaincue qu'elle est seule à posséder la raison et avoir raison. Alors brûlez aussi vos neurones et pissez toute votre salive crachez vos cordes vocales aucune force sur le moment ne servirait à atténuer le degré de fulmination. Sinon pliez bagage et fuyez tout cet espace occupé par les personnes crâneurs qui vous tirent les cordes vocales et provoquent le volcan en vous. Votre nature calme à la recherche de la sérénité est compromise et vous voulez fuir fuir et surtout ne pas chercher des explications ni les donner ce serait inutile.

Comment faire pour éviter de telles personnes et de telles situations? Je me retrouve à m'y méprendre à me sentir mal très mal et les boules à la gorge se croisent...

 

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24 septembre 2017

Tu inventes tes pas (Nouvelle)

                                                  

Bada veut être seule.  Prendra-t-elle sa voiture pour voler vers ce lieu ? Elle en appréhende l'envie bien qu’elle en meure d’envie. Combien elle souhaite avoir son propre domicile où elle peut couver ses peines d’existence, ses insatisfactions, son mal de vivre, ses peurs, ses doutes, son cœur gros… Cela se fait chez certains couples des peuples civilisés d'habiter dans deux domiciles séparés en étant mariés. C'est la bonne entente mutuelle et le respect de l'autre. Chacun est capable de se débrouiller seul avec ses propres moyens. Quand l’un ressent le besoin de l’autre, ils se retrouvent et passent du bon temps. Mais les hommes font ça avec leur maitresse et pas avec leur femme. Elle regrette ses actes manqués comme ne pas avoir acheté ce studio dans cette région montagneuse. Quelle poisse ! Quelle chance ! Elle va se mettre dans un petit coin pour se réchauffer les idées. Lui, est monté dans son laboratoire livresque, au comble des acariens amis fidèles compagnons des yeux et narines blindés. Elle va prendre son courage, s’habiller pour sortir, faire des petits tours dans ce quartier vide d’âme qui vive. Elle se retrouve avec les chats. Ça pullule les chats dans ces rues baignées de soleil d’après-midi, vides de leurs habitants. Les chats de toutes couleurs, de tout calibre ! Un combat entre deux chats roux coriaces l’effraie. Elle court après. Ils risquent de la griffer. Elle s’en éloigne à toute allure. Quelle misère des chats furieux de la rue ! Sauf les matelas, les tapis et couvertures étalés sur les terrasses, elle ne voit pas âme humaine. Où sont les ménagères zélées ? Le silence emplit le vide des rues comblées par le bruit de la circulation automobile empruntant la route côtière. Elle avance. Les rayons de soleil chauffent son cache-col entouré sur sa gorge étouffée. Pas âme qui vive dans toutes ces rues où sont alignées des villas face à face. Elle va continuer son chemin au hasard des voies lumineuses qui s’offrent à sa vue vitrée. Elle se parle à voix haute, se plie à la nostalgie vive qui l’empoigne au souvenir triste amer de ces ruelles affiliées à cette petite ville du moyen Atlas dont la douceur et l’intimité de l’atmosphère ambiante chatouillent suavement amoureusement son cœur. Elles ont le pouvoir de rafraîchir ses sens perdus pendant les instants solitaires de ses promenades rares.

Elle est sortie, motivée au départ pour aller prendre son laxatif chez le pharmacien encore fermé ! Elle sollicite ses jambes lourdes et avance, le pas décidé à faire un peu de marche. Quelle aubaine échappée à la routine de presque quatre ans, quand elle se retrouve seule dans la rue ! Pourquoi Bada tu te fais recluse dans cette maison en permanence ? Pourquoi tu ne sors pas ? On dirait qu'il t'a systématisée à son mode de vie sédentaire. Tu n’es ni enchantée ni malheureuse, ni rien du tout ! Tu te cherches encore d'autres préoccupations moins abrutissantes. On dirait que ton égarement dure depuis plus de vingt -cinq ans.

Tu inventes tes pas comme une invalide. Et là, tu vois une femme moحt تajiba (voilée) avec son manteau à mi-jambe sur un pantalon noir. Elle porte un cartable sûrement d’enseignante ! C’est bien !, tu te dis à voix haute, de travailler hors du foyer et de retourner chez soi avec l'envie de retrouver son intérieur...Ce n'est pas évident ! Les femmes-roulottes de la fonction publique se plaignent sans cesse de leur rythme boulot/foyer. Toi, tu as laissé ton travail et tu ne le regrettes pas. Mais tu pensais vivre mieux qu’une femme strictement au foyer. Tu ne veux pas y penser ! Marche...

Quel état d’âme ébranle ta démarche, plutôt légère ! Tu t’appuies sur tes plantes mortifiées de pieds alertes ; tu te sens dégourdie. Tu vas allonger tes pas vers le centre du quartier là où il y a épiceries, boulangerie-pâtisserie et d’autres échoppes de multiple commerce alimentaire. Tu te sens blasée, sans aucune envie, comme si tout était fini et tu te retrouves sur une autre planète sans conscience. Soudain, automatiquement tu te diriges vers l’épicerie et tu prends une baguette, une tablette de chocolat noir à croquer. Pourquoi ? Tu retournes chez le pharmacien d’un pas machinal, tu ne le trouves pas. Ta démarche devient moins souffrante, tes pas alourdis te dictent de rentrer. Voilà que tu vois deux vieilles femmes emmitouflées dans leur djellaba et cape, enfoulardées avec des étoffes en grosse laine. Elles sont assises toutes les deux, l’une serrée contre l’autre sur une marche de la porte d’une villa. Elles semblent, avec leur regard hagard, égarées. Leur regard éteint irrite tes pupilles. Tu les regardes sans bouger, comme ça d’un œil fixe. (Je comprends pourquoi tu psalmodies). Aussitôt, elles s’appuient l’une sur le genou de l’autre et elles s’avisent de venir s’asseoir sous un arbre dans la rue qui mène vers ta maison. Ainsi appuyées l’une sur l’autre, elles plient leurs jambes et s’assoient par terre en les croisant assez difficilement. Elles y arrivent quand même ! Elles n’ont même pas amené un petit tapis à l’occasion ! Si je me mettais à côté d’elles ?, se dit la femme, j’engagerais une conversation. Peut-être je me sentirais mieux. Tu penses à cette petite vieille d’il y a quelques années, rencontrée au bord de la mer, admirant avec toi le coucher du soleil. Elle t’avait raconté en une heure sa vie. Une femme de l’autre époque. Est-ce qu’elle toujours ? Tu l’avais rencontrée d’autres fois au retour du boulot, assise sur des trottoirs, toute rabougrie, le regard éteint. Tu aurais aimé l’amener avec toi et la dorloter. Quelle misère ! Tu aurais brisé l’harmonie d’un couple avec un seul enfant, douillettement gorgés d'individualisme dans leur abri. Enveloppés de leur égotisme. L’aide humaine est absente de nos coutumes urbaines ! Le rythme de la vie quotidienne avec ses multiples besoins et son stress accumulé au fil des jours et des nuits devient un vrai tourbillon difficile à vivre et à gérer. Quelle misère ! Tu penses à ta mère qui a plus de 82 ans, acculée à vivre souvent seule et sans aide domestique malgré ses neuf enfants ! Mais là encore, ton état d’âme et d’être s’absente. On dirait que tu veux tout fuir, ta propre personne plus que tout. Qu’est-ce que tu peux sentir ? Rien !

Vide ! Docile ! Mièvre !  Et avec une triste mine de compagne fougueuse des jours irrésolus, tu avances machinalement. En ouvrant la porte, tu iras à la cuisine sans envie, faire du thé, un bon thé ! Juste histoire d’ingurgiter du chaud ! Ton pain et chocolat tu les enfouies au congèle. Quelques heures après, tu l’entendras fouiller furieusement dans les congèles…Tu te fermeras au crisse merdre, merdre, merdre !  Qu’est-ce que tu peux sentir ? Rien ! Vide ! Docile ! Mièvre ! Triste mine de compagne fougueuse du temps irrésolu. Tu vas te fourrer la gueule... Aïe ! La nourrice se rebiffe ! Tu te fermeras au crisse merde des courroux jamais altérés… 

                         Histoire commune à d’autres comme ‘’elle’’…

                                                                 Auteur : Bouchra Benjelloun

3 août 2016

Une cure de chaleur

Il y a tant de choses qui nous font du bien il faut croire aux anges aux petits miracles de la vie voir le soleil après la pluie…dit une chanson.

Je fais une cure de chaleur auprès de Mama, Hajiba et Farida. Ce sont des journées de haute gastronomie à l’ombre des Roses-bis. Les trois femmes chacune avec son humeur existent bel et bien couvées sous un soleil de plomb qui surplombe la demeure noyée dans les arbres verdoyant quoique asséchés d’un été caniculaire. Pourtant, la revenante de sa détresse, qui dure depuis de longs mois sans pouvoir s’estomper un seul instant, se sent plus ou moins bien, quoique toute ramollie par la chaleur qui règne avec des accents indolents qui proviennent du fond de ses entrailles mortifiées. Elle essaie de vivre l’instant présent avec ces trois femmes dont l’une est lassée de sa vieillesse qui avance à pas de loup, l’autre de mauvaise humeur comme d’habitude se languissant de son sort de malchanceuse qui a raté sa jeunesse , ses études et son mariage…et l’autre une immense fourmi aux ailes de reine besogneuse qui sort de son château de cartes pour aller butiner ailleurs car elle n’attend rien de ses sujets.  L’atmosphère est paisible et chaude. Il faut supporter la chaleur environnante sinon plus rien n’a de sens pendant ce genre de séjour à Fès avec la Mama qui passe des heures interminables ou bien assise somnolente ou bien allongée sur un côté ; ses jambes et ses pieds sont trop enflés. Elle dit kanzdém عla sebbat d’lحdid. (J’avance avec des sabots en fonte) Plus aucune sandale ne lui convient ; elle avance avec sa canne sur pieds nus pour aller au bout de chaque heure presque toute la matinée aux toilettes faire pipi. Makatعتteini raحa rebbi yeعfou ! Puis elle retourne rejoindre sa place habituelle pour somnoler ou assise ou endormie. Combien les heures doivent être lentes pour elle…Sinon quand elle ferme les yeux pendant quelques minutes, elle croit s’être endormie pour longtemps. Elle va vouloir s’enquérir aussitôt de ce qu’a accompli la femme de ménage pendant son long sommeil. Wili lui crie-t-elle quand celle-ci lui répond je viens juste de mettre le pain au four, tu ne fais que t’amuser tu ne fais rien !

Nous avons la chance de vivre encore ces heures ensemble, pense la jeune femme. C’est comme un jeu d’enfant qui dure trois mois de vacances. C’est une prière accomplie qui vient du temps de l’enfance où notre insouciance du temps qui passe ne fait qu’augmenter notre plaisir de continuer à jouer jusqu’au petit matin. Et nos prières auprès de nos parents pour le faire se multiplient avec beaucoup de confiance  en notre charme qui fait fondre les consignes et les ordres dans la bouche de tous ceux qui ont l’habitude de nous commander ou de nous interdire  de faire ce qu’on veut vraiment, comme jouer dehors avec les enfants du quartier jusqu’au bout de la nuit. Avec la moindre parole et le moindre sourire qui veut dire combien je t’aime maman, celle-ci reçoit les prières de ses enfants comme un baume de jouvence. La vie est si courte !

Mama confectionne dans sa presque impotence et son indolence toute ramollie par la chaleur ses vieux traits qui prennent de plus en plus de fixation sur son visage plissé quand elle ne porte pas son dentier. Je la regarde avec beaucoup de tendresse, tristement : je sens le temps passer langoureusement. J’ai envie de la prendre dans mes bras et de la serrer si fort et lui dire combien elle est belle dans sa quiétude de femme assise en permanence, combien son menton relâché et ses yeux à demi fermés sont charmants. Ses cheveux couleur henné rouge orangé montent en fourche sur sa tête. Je me lève ondoie mes doigts d’huile de sésame et lisse avec la paume de mes mains chaudes ses touffes hirsutes. Elle couvre mon visage de baisers tendres. Je sais que les autres n’ont pas de gestes affectueux pour elle ; je ne comprends pas pourquoi. Mama n’a jamais porté de foulards en été comme d’autres femmes de son âge. Même dans sa vieillesse elle garde en dehors de sa génération la tête découverte. Badia ne comprend pas pourquoi les vieilles femmes de la génération de Mama cherchent même pendant les temps chauds à couvrir leur tête chez-elles comme dehors. Les cheveux blancs ou teints sont cachés de la lumière du jour comme de la nuit. Même au lit ces femmes d’antan gardaient leurs foulard sur la tête me dit Mama. Elles n’enlevaient ces foulards qu’une fois au bain public ou pour se peigner les cheveux, cachées dans les petits coins invisibles. Ainsi les cheveux cachés d’une femme formaient un autre obstacle à son épanouissement. Comme si les cheveux d’une femme étaient une difformité honteuse à cacher sinon des ondes négatives vont s’en dégager et semer la zizanie entre les hommes. Les cheveux cachés d’une femme voilée sombrent sous l’anonymat comme toutes ces femmes soumises au destin qui les éloigne de la réalité des hommes et les place sous leur tutelle à l’infini. C’est pourquoi dit Mama, dès que j’ai eu la possibilité j’ai enlevé le foulard et je suis partie me couper les cheveux chez un coiffeur homme. Depuis je ne veux plus allonger des tresses de corde à linge ! Je ne comprends pas pourquoi ces jeunes filles daba sortent avec le voile ! Ce sont des arriérées ; elles sont trop naïves. Elles croient cacher leur beauté qui prend au fait une allure moche, aussi moche que ces barbes qui les accompagnent ! Moi j’interdisais à ton père de porter une barbe ; il était toujours rasé de près et sa peau lisse et rose. Nous sommes des humains civilisés, nous ! Les poils c’est pour les animaux !

16 décembre 2014

Histoire de faire ou de ne rien faire

 Je connais une amie pharmacienne qui vient à peine de se marier à 36 ans et dont le mari de même fonction, lui prescrit le menu de toute la journée, qu’elle doit préparer à heures fixes. Qu’elle se débrouille, lui lance-t-il en claquant la porte tout en lui rappelant de passer prendre la commande des médicaments chez le fournisseur avant de le rejoindre dans leur boutique installée récemment au garage de leur villa d’habitation. Elle paie une nounou pour son nouveau-né à 3OOO drh. Les pharmaciens sont riches !

Et pour ces autres moribondes de la petite fonction publique ?

Que faut-il faire?, changer de maison, de mari, mettre les enfants à l’internat ? Il faudra changer aussi notre conception de l’ameublement traditionnel de nos maisons et apprendre à manger dehors.

Nous avons à robotiser notre corps !, (ricane Badiعa) Il faudrait changer tout notre mode de vie actuel, le contenu de nos plats et la façon de nous nourrir ; enfin changer tout ce statuquo familial composé de femme, d’homme et d’enfants cohabitant dans un espace encombré dont toute la charge revient à la mère. Mari et enfants comptent sur mama pour les travaux domestiques et d’autres besognes qui ne relèvent pas de sa compétence, car dans notre société c’est ainsi.

Comment alléger ou libérer ces femmes poursuivies par le ménage et les repas à préparer en continu ? La routine est accablante. De même le nombre de restaurants ou gargotes fournis en restauration pas chère et douteuse, ne résolvent pas l’affaire. Badiعa précise que les femmes fonctionnaires modernes qu'étaient ses collègues en manque souvent de temps et d'énergie suffisants en vue d'assurer le rythme repas de toute une journée à leur famille, à savoir le petit déjeuner, le déjeuner, le goûter et le dîner, se faisaient constamment des soucis à cause de cela. Entre temps, elles passent tout leur temps-loisir à bourrer leur congélateur de mets semi préparés. C’est invraisemblable ! Les biscuits bon marché et les surgelés, c’est pour les autres !

Nous évoluons dans une société jonchée de mœurs, de besoins et de services qui deviennent de plus en plus problématiques, dit la jeune femme. Nous allons tendre vers cet éclatement que connaissent les familles européennes actuelles. Nous finirions par voir les femmes vivre seules, leurs enfants manger à la cantine ; et les hommes, avec leurs ''maîtresses-chéries'', manger dans les restaurants et se mitonner d'onctueuses vacances avec leur amante d'occasion. Et parallèlement espérer que le gouvernement s’occupe de la progéniture tiraillée entre des parents en conflits. Je crois que nous y sommes à peu près!, (conclut-elle). Et chacun des conjoints endosse à l’autre de payer le fisc du fiasco…avant d’être frappé par les vicissitudes de la tare-vieillesse…

Nous verrons aussi, ajoute-t-elle, des jeunes femmes célibataires se faire inséminer pour avoir un bébé sans devoir déranger certains maris réticents à l’affaire enfantement et éducation des enfants…

Que de femmes mariées et divorcées ont la charge complète de leurs enfants ! Combien de pères allégés de leurs responsabilités envers leurs enfants dans une société masculinisée jusqu'aux dents ! Les nouvelles statistiques en recensent un grand nombre...

En outre, il faudrait changer toute notre conception des êtres et des objets et surtout du partage des responsabilités en ce qui concerne les formules de cohabitation en famille.

Il faudra aussi penser à alléger nos plats classiques, trop riches en calories, suggère Badiعa à l’adresse de Mama qui suit depuis quelques temps ''les conseils matinaux'' de «Fada’e al Ousra» à la radio-chaîne-interne. ‘‘L’espace de Famille'', présente constamment des recettes de ‘’repas diététiques à préparer pour sa famille'' par saydaتou l°bay°ت (la maitresse du foyer), conseille un mode de vie plus ''organisé'', plus ''harmonieux''...

Je trouve, remarque Badiعa, tout ou trop compliqué, ou contradictoire. On n’en est pas encore aux surgelés et aux responsabilités ménagères partagées équitablement. Le sens de la famille traditionnelle tient encore chez-nous!…plus que celui du devoir envers la famille…Ceci est encore plus médiatisée que jamais…

(Badiعa, dans son exposé sociologisé, est largement soutenue par moi ; vous l'avez remarqué, nos voix se mêlent.)

Toi, lui-dis-je, je pense que tu dois vivre seule. Tu n’acceptes plus le statuquo familial. Tu oublies le plaisir que cela donne d’être en famille, et toutes ces relations humaines qui se tissent…

Blablabla…blablata...

Oui… oui…(elle et moi..) délirons peut être ; ou je n’évoque que des clichés vieux comme le monde, des thèmes ressassés relatifs au sentiment de l’injustice dominante propre au déséquilibre entre les deux sexes, propre à la non reconnaissance des efforts d’autrui, propre à l’exploitation et au profit des uns des autres, propre aux inégalités sociales aberrantes nourries par cette mentalité rétrograde qui demeure présente et dominante… Tout ça, fait encore loi dans plusieurs contrées du monde…

C’est très compliqué…notre structure sociale et familiale. L’Homme en général est trop complexe, (s’afflige Badiعa, qui tend de plus en plus vers le féminisme extrême et aussi vers l'individualisme....) 

9 décembre 2014

La vieillesse-tare

Je ne vous raconte pas la situation qui a engendré cette réplique d'une pettie vieille qui travaille comme femme de ménage chez une famille. Je solliciterai juste votre attention afin de faire des commentaires. Merci.

 

Si j’avais, geigne-t-elle, les miens pour s’occuper de moi, pauvre veuve que je suis, vieillissant avant l’âge, je ne chercherais pas à travailler f°d’your ! (dans les maisons).

Nb Lire ainsi les deux phrases amalgamées en une seule. * '' Ce n’est pas/ swab de la part de b°n°t°k, de me donner des ordres''

(Notice)

C'est ainsi que s'opère la langue double de la narratrice principale qui est Badiعa dont le prénom prend des variations graphiques et sémantiques dans le texte. Cela passe de Bada, à Badai / Badia, à Badiعa

Le prénom comme je l’ai déjà expliqué plus haut, prend plusieurs variations graphiques et sémantiques dans le texte.

Le swab concerne toutes les convenances et règles de politesse et de bon comportement à adopter avec d'autres personnes.

Safi!, s’empresse de mendier Badiعa à la petite vieille menaçant de partir, smeح°’li ! (Ça suffit, je m'excuse!, dit Badia franchement désolée.

Comme si la vieillesse était une tare!, commentera plus tard Badiعa irritée,…oui, une tare dont il faut absolument se prémunir, un état à assumer avec conviction, et qu’on doit assumer en tant que tel et rien de plus, tout en fournissant les efforts qu'il faut, sans assurer une dépendance extrême des autres…

Je viens, cite Badiعa, de voir un documentaire français qui dénonce ‘’Le travail des Retraités’’ qui ont une pension insuffisante. Ceux-ci en besoin d'argent, se cherchent des petits travaux et se font payer à moitié prix par leur employeur qui profite de leur statut social.

Qui peut vraiment prémunir la vieillesse nécessiteuse et réglementer son rendement en cas d'embauche ?

Toutes les fonctions accomplies par les vieux et les vieilles dépendent de leur état physique et psychologique...

Je suis tombée en admiration devant un p'tit vieux de 82 ans qui passe sa journée à distribuer des brochures publicitaires dans la ville. Il fait des km à pied et le soir, il passe des heures à faire le tri dans une masse de papiers préparant la journée suivante. Il paraît privilégier d'une bonne constitution physique.

C’est une chance !

 

Non !, rétorque Mama, j’ai entendu ce matin à la radio qu’un homme de condition physique moyenne à 65 ans équivaut celle d’une jeune fille de 25 ans ! Mais il se trouve que les femmes/ lli kay°yaعtéw ddéق f’srer-°hoom l°thamara,/ (qui s’exténuent en toutes besognes) sont déjà finies à 45ans !

 

Dis-moi, comment juger de telles pratiques dans les sociétés dites développées ?

Chez-nous, la vieillesse demeure encore un tabou social. Cependant que de vieux démunis sont jetés à la rue sans stimuler aucune affection de la part des passants pressés de rentrer chez eux ou de partir faire des courses… Ces vieux n'ont ni sécurité sociale, ni de gîte, ni aide d'une associatiion caritative qui les aideraient à supporter leur condition humaine.

Il faudrait penser à régénérer le corps humain, voué à la dégradation, à partir de cellules-souches neuves. Ainsi on envisagera la vieillesse telle une autre phase de la vie humaine, mieux gérable. On peut bien le faire dans ces pays où les vieux se font de plus en plus sentir !

Et chez-nous ?

J'ai dit partout !

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4 décembre 2014

Vous femmes d'intérieur & d'extérieur

Enseignantes, secrétaires d'administration, laborantines..., vous êtes des femmes qui envahissent de plus en plus le secteur du travail. Les entreprises publiques et privées regorgent d'employées, comme vous, sujettes à accomplir multiples fonctions ''mieux que les hommes'', (disent certaines).

Ces femmes par conséquent accomplissent une reconversion réussie de tout ce défilé de personnes qui, à peine traversant un bout d’espace et de temps dehors, enveloppées dans leurs habits de profession, les revoici revenir dans leur foyer, et intimement, se reconvertir promptement en femmes d’intérieur. Elles redeviennent automatiquement assujetties à l’espace matrimonial qui les englobe tandis que les hommes paressent et se reposent. Et le comble, c’est qu’on exige d’elles d’être des pros partout!

Moi, j’ai choisi mon statut de ''femme au foyer'', par vocation, a dit une femme franchement zélée dans la besogne ménagère. Il s'agit de ce qu’on appelait dans le temps de nos grands-mères, d'une femme «حaàdga w moulati» (d'une femme bonne ménagère, à savoir une femme-pro d'intérieur).

Et celles qui n’ont pas cette vocation?. Et qui de surcroit travaillent dehors ?

La situation devient épineuse. Car si la femme est maternelle par instinct, elle n’est pas forcément aussi ménagère par instinct.  Toutefois la structure socio familiale lui assigne ce statut d’office.

Pourquoi ?

Ce sont beaucoup d’habitudes rentrées dans les conventions de toute une société. Ce sont les résidus d’une éducation et des traits de mentalité rétrogrades qui doivent changer dans notre société. Cette situation tient à l’hégémonie d’une éducation familiale sectatrice, produit d’un déterminisme social assignant d’avance les fonctions de toute femme qui se soumet à la tradition instituée par ses ancêtres. La servitude de la femme dans le foyer est rentrée dans les us et coutumes. Et servir tous les membres de sa famille sans exception est normal. C’est une condition combien ma foi arrogante à l' égard de la femme qui doit se soumettre à sa condition fixée par une structure sociale forcément déséquilibrée. Le bonheur d’une femme, se ferait grâce à l’équilibre socio-éducatif ; d’abord sur le plan égalitaire des sexes dans une même famille. Un équilibre qui tirerait ensuite sa force d’une même mentalité approuvée par la majorité des citoyens, ou plutôt une conscience commune à tous les niveaux sociaux visant l’égalité entre les deux sexes dans tous les secteurs, partant de l’administration de toute entreprise sociale, aux travaux domestiques, à la gestion des biens de la famille. Sans oublier ''l’affaire de l’’héritage'' qui place la femme arabe en position subalterne dans sa famille. Cet héritage tel qu’il est conçu par la charia qui prévoit deux parts de l'héritage de la famille pour le frère et une part pour la sœur, un huitième pour l'épouse et la moitié des biens à la fille unique de ce père qui n'a pas eu de fils. C'est très compliqué notre procédure des affaires concernant l'héritage des familles.

En outre, chez-nous, l'égalité recherchée entre les sexes doit se réaliser jusqu'à la direction de tout un État. Il est question de tout remettre en question, dans tous les domaines relatifs au développement de toute une société qui vise une véritable démocratie. 

7 octobre 2014

La Ritournelle

Elle crie justice et intégrité. Elle vient jusque chez-vous et vous crible de ses mensonges et diffamations. Vous sautez de votre place pour la remettre à sa place. Elle continue à sortir des aberrances, à dire tout à l’envers, vous crible de ses dénégations et vous mord en pleurant. Elle dit qu’elle ne comprend pas … elle comprend tout de travers, crie et ne veut pas entendre ni comprendre la voix de la logique universelle s’il y’en a …Celle qui est horrifiée, se met debout et crie au scandale. Comment peut-on à un niveau d’intelligence confondre ce qui est clair, tangible et crier à la face de l’autre des calamités…

Il y a cinq ans de cela le mari devait acheter un ordi pour sa fille à Marjane. On trouve que la fondation Mohammed six fait une réduction de deux mille drh pour l’achat de pc à condition que la personne ait un abonnement avec Maroc télécom sur internet …On ne dispose pas de carte Mohammed six ; on demande à madame sa sœur si elle peut faire cette faveur …Elle accepte mais elle n’a pas d’bonnement internet avec Maroc Telecom. Alors elle le fait en son nom bien sûr et on lui accorde la faveur du pc qui revient à sa nièce… Cette faveur n’est accordée qu’une fois à la personne demandeuse. C’était clair.

Après cinq ans de va et vient et de litanie sur cette histoire qui n’en finit pas… madame n’a pas compris pourquoi elle s’est abonnée sur internet et pourquoi elle a fait ce geste…Elle se voit roulée et colle tout le méfait sur le dos de sa belle-sœur qui n’a fait que accompagner le geste et a ajouté cinq cents drh aussi pour l’achat de ce PC qui revient à sa fille… Elle a trouvé ce geste beau tout simplement et l’affaire pour elle a été close.

Mais pour son grand malheur, elle ne va pas comprendre pourquoi la belle-sœur soi-disant ignorante, elle ne savait pas ce qu’elle faisait. Car elle vient à chaque fois lui taper à l’oreille : je n’ai pas de PC, on m’envoie des factures d’internet, je ne comprends pas…L’autre lui dit tout bêtement, mais achète un pc et profite de ton abonnement, c’est simple comme bonjour. En plus cela ne fait même pas Cinquante dirhams par mois avec la réduction Mohammed six sur l’Internet pour les enseignants ! Elle s’en va et revient une autre fois et chante la même histoire : je n’ai pas de Pc et on m’envoie des factures...je ne comprends pas…L’autre est ahurie. La belle-sœur revient une autre fois et dit, je ne veux pas payer ces factures, je n’ai pas de PC, je vais résilier le contrat…L’autre lui dit les PC ce n’est pas vraiment cher, tu peux t’en acquérir un et profiter de ton abonnement… Elle s’en va, fait combien de démarches auprès de Maroc Telecom. L’autre ne suit pas l’affaire ; tout juste elle ne comprend pas pourquoi cette dame riche qui se paie chaque année des voyages organisés à coups de millions, n’est pas capable d’acheter un mini Pc et profiter de son abonnement sur internet…

La revoilà la belle-sœur revenir et taper aux oreilles sa rengaine, je n’ai pas de Pc et j’ai résilié le contrat après combien de démarches et de conseils d’amis ; je n’ai pas à payer cet abonnement car je n’ai pas de PC ; c’est de l’ordre de 8OO drh. La belle-sœur saoulée par cette histoire qui se répète d’une année à l’autre, répond tout simplement, oui c’est logique, tu as bien fait. Quand tu auras ton Pc tu te réabonneras.

Jamais la belle-sœur ne tape aux oreilles de l’acheteur de l’ordi qui a demandé cette faveur. C’est sa femme à l’acheteur qui reçoit toute la matraque de l’histoire de la faveur qui a mal tourné. Car madame maintenant est persuadée d’avoir été abusée parce qu’elle ne comprend pas, comme ellele répète à chaque fois. Cela devient une litanie, à chaque fois qu’elle vient leur rendre visite ; elle le répète.

Et enfin, on apprend qu’elle s’est acheté un Pc, alors on la félicite pour cet achat d’ordre vital pense la femme saoulée par l’histoire ré racontée.

Mais Il lui faut une autre année à celle qui n’arrête pas de faire des démarches dans le sens de la réduction volée auprès de Maroc télécom et de ‘’je ne comprends pas’’ pour se réabonner…Elle ne dit pas clairement qu’elle cherche à avoir à nouveau la réduction sur le prix du PC et sur l’abonnement internet. Elle est fermement persuadée qu’elle a été roulée par la belle-sœur qu’elle dit avoir été à l’origine de cette histoire. Celle-ci ne se rappelle pas cet incident d’ordre diplomatique qui la poursuit depuis cinq ans. Elle se rappelle tout simplement la démarche pour obtenir la réduction du PC acheté par monsieur pour sa fille et « le beau geste » de la tante qui se persuade de plus en plus qu’elle a été roulée dans cette affaire d’accord de faveur à sa nièce et à son frère.

Cela commence vraiment à dégénérer.

ET puis voilà le téléphone sonne. Après les salamalecs du contrat social, celle qu’on croit avoir entrainé ''la Roulade'', entend : vous avez pris le modem, mon modem….Quel modem ?, va questionner l’autre au bout du fil. Lorsque je me suis abonné sur internet tu as pris le modem, affirme la voix accusatrice. L’autre voix franchement saoulée par cette histoire de débile s’anime : Mais qu’est-ce que je vais faire avec ce que tu appelles modem, ton modem ?  Franchement ton histoire me fatigue…coupure du fil…

L’accusée est à nouveau ahurie. Mais comment ose-t-elle l’accuser et la persécuter de cette manière ? Ras-le bol. Elle essaie d’expliquer au mari sourd que sa sœur déconne vraiment. Il dit avoir compris et qu’il va lui téléphoner pour lui expliquer. Il n’en fait rien. La femme en est toute bouleversée et malade…Elle ne comprend pas comment un professeur universitaire puisse tomber aussi bas et accuser à tort en affirmant sa soi-disant ignorance. C’est insupportable. Elle a beau être tolérante, elle finit par exploser.

Et voici le jour scandaleux... Comme à son habitude, l'accusatrice zélée, sans se faire inviter, vient pour s’offrir le déjeuner du deuxième jour de l’عide. La belle-sœur accusée sent le climat se tendre et les mauvaises ondes circuler. Le regard et l’haleine de la convive sont mauvais. On est venu pour rouspéter contester accuser et crier des mensonges ahurissants. C'est une vielle habitude qui a souvent marché à cent pour cent avec le frère. On entend après s’être rassasié à satiété du bon déjeuner préparé par l’hôte de la ritournelle à martyriser cas échéant... Elle entendra : vous avez fait l’abonnement sur internet à mon compte, en mon nom, j’ai le contrat. L’autre va sauter de sa place : mais elle est malade celle-là, comment peut-on faire ça ? Moi je me suis abonnée sur internet avec Maroc Télécom des années avant cet incident qui nous poursuit depuis cinq ans… Elle est furieuse. Elle essaie d’expliquer à « l’ignorante » qui ferme les oreilles et parle sans cesse et ne veut rien entendre, toute prête à attaquer dans le tort, à mentir et à nier mine de rien sans aucune gêne, son frérot assis sagement à côté d’elle, il ne parle pas. Il n'est pas connecté. Il fera aucun effort pour comprendre. L'accusatrice zélée persiste à se croire avoir été éconduite et abusée par la démone des lieux qui se démène à vouloir expliquer en vain…Elle ne veut rien entendre ; elle a son raisonnement ; elle a ses arguments tirés par les cheveux et les conseils d'amis ! Elle accuse et dit beaucoup de mal de la démone ahurie qui se met en colère contre cette butée intolérable, cette sourde qui ne cesse pas de parler et ne veut rien entendre et se clame « innocente », « intègre » « et crie à l’injustice ». C’est le bouquet de tous les malentendus et de tous les sous-entendus, de tous les mensonges et de toutes les dénégations ; et la mégère s’enfonce de plus belle dans ses médisances et dans sa mentalité de rétro. Elle insulte et dit beaucoup de mal, accuse sans aucune vergogne avec sa langue de mégère. L’autre ne sait que crier : elle est malade celle-là ! Dieu jamais je ne veux plus ni la voir ni l’entendre, jamais je ne veux avoir affaire à elle, c’est fini, fini, j’en ai marre de toutes ces histoires de fous ! Fous ! Fous !

Et L’autre comme d’habitude, se tait et prend position. Car les sourds s’entendent bien entre eux et croient la même chose quand il s’agit de leurs propres intérêts.

 

La jeune fille dans son ingénuité veut rompre les affronts et remettre les effrontées en bons termes. Mais l’accusée à tort est à la recherche de la vérité et connaît parfaitement le côté comédien et hypocrite de la belle-sœur qui travaille son image en permanence devant la famille et la société. Elle va comprendre que celle-ci a bien su jouer son rôle de « l’ignorante » qui répète ''c’est aussi ma fille !'' Elle regrette son geste et toutes ses démarches faites auprès de Maroc Telecom c’est pour reconquérir la faveur de la réduction. Alors sans vergogne, elle va traiter sa belle-sœur d’usurpatrice de contrat et l’accuse d’avoir pris le modem. Elle fait même le cinéma dans la boite devant les administrateurs en disant est-ce que vous avez pris le modem ? Elle doit crier à droite et à gauche qu’elle a été abusée par la belle-sœur qui a fait l’abonnement en son nom et elle ignore toujours ce qui s’est passé !

Oh la saleté, elle lui en voudra à mort ! Et la jeune fille ingénue qui les a obligées à s’embrasser et dire ''laye saméح,  safia labane'' le comble des combles ! Oh la saleté la traiter d’usurpatrice en plus usurpatrice de contrat ! Elle, avoir fait l’abonnement sous son nom ! et l’avoir privée de la réduction méritée puisque c'est elle qui a la carte  Med VI ! Elle a dû depuis des années courir pour convaincre Maroc Télécom que sa belle-sœur a utilisé son nom pour faire un abonnement et avoir cette offre de réduction et elle c’est l’ignorante abusée ! Etlle est l’innocente qui ne fait que du bien autour d’elle ! Et l’autre makaحتhchemsssss ! Et le frérot est sage sur sa chaise ! Vivra verra et entendra, dirait Mama. Ils sont forts dans la comédie. Comment classer cette affaire? C'est une autre cassettte dans les reliques de Badiعa.

19 août 2014

Dis-moi ce que tu manges

 Vous évaluez les humains à travers leur bouffe?! Dis-moi ce que tu manges, je te dis qui tu es..

..Il m’a rapporté, rapporte Mama, à propos des Ben-حayoun, le mois de ramadan est fêté religieusement, à chaque rupture de jeun, tous les soirs, par la soupe aux légumes, l°'حh'رi'رa (la soupe) aux légumineuses gorgée de viande rouge, les mlawi et b'رriwaت de toutes sortes, salées et sucrées. Leur fameux s°llou hyper fondant, au miel pur, n’y manque pas! Il n' y a pas de beurre dedans, souligne-t-elle, les connaisseurs aujourd’hui n’utilisent plus le beurre fondu pour ramollir la farine grillée, mélangée aux grains de sésame, et les amandes aussi, tout est grillé au four, le tout est moulu légèrement, en un seul coup f’1/ 2/ 3. , plus rien maintenant ne passe par les poêles baigné d’huile ni par le mortier, sidi four w lalla Moulinex moujoudine (sont disponibles).. donc!makayeine kolesté-r'oole diyalkoom wala ya'ححzanoun...(pas d'histoires sur votre cholestérol et personne ne serait triste)

..Oui Mama, tout passe par les ondes!, réplique Badia.

Chnou houma zonde?, demande Mama.

Ce sont les rayons d’électricité qui traversent les aliments!

Iwa ye°koun , ''rapide w pratique''! Mama connaît ces deux termes en français ''rapide et pratique''.

Elle continue, animée par son récit boulimique, négligeant toutes les remarques de l'assemblée, dominant de sa voix en hausse les instants où la discussion s’enflamme et lui procure le plaisir de faire régner sa voix seule..

Et les jus, poursuit Mama, de fruits de toutes couleurs, ça te digère tout..!,...

Ceci ressemblerait à une touche finale de digestion fomentée par.. ''rien à craindre chut!.. sinon Bourget et Duphalac feraient l’affaire..

Elle respire:

..Ceci ajouté à che°bbakia et griweich(gâteaux de miel) confectionnés par des traiteurs certifiés!,affirme-t-elle..

Elle halète..

..wzid ععlih'hom des œufs fermiers durs, des viennoiseries minuscules fourrées toutes farces.. calamar.. crevette.. saucisse.. épinard.. fromages dak rock fort l°’m'خخazze°z.. (moisi).. diyalkom(le votre)…wzid wzid..

Elle expire…

..les gens ne se privent pas pendant le ramadan!, et رre°mdane houa moul ch'hi'wa't, aàra ma ععane°dék..!

..Au dîner.. (elle reprend en soufflant)….ils ont présenté un gigot d°l°’rén°mi (d’agneau) enrobé dans sa croûte acajou, des brochettes raffinées aux herbes de Provence, toutes viandes, même de l’autruche, ils n’ont ni cholestérol wala ya'ححzanoune!...Wili..!..

(Badia tout en écoutant sa mère déballer sa table- Gargantua, pense à la pitance du pauvre jeûneur croupissant dans son taudis devant un pain sec et une tasse d'eau polluée..)

Elle soupire…

Mama emballée, s'offre le plaisir d'alimenter son discours par un verset du coran: ''wa an°fiققou mimma razaقق°naàkoum'' ( Dépensez de la fortune que nous vous avons offerte..)et elle crie: ..çà suffit ععliya n'thouma mn'dak r'ررigime dyal°koum! (Arrêtez de me casser les oreilles avec votre régime alimentaire)..

Badia veut lui expliquer qu'on déforme souvent l’interprétation de certains versets du coran car ''an°fi-ققou mimma razaقق°naàkoum' ne veut pas dire dépensez pour vous mais partagez avec les pauvres et c'est cela le principe du ramadan sentir la faim et partager sa pitance avec les pauvres et ensuite pour se rapprocher encore plus de l'esprit du ramadan, le jeûne est conçu pour limiter tous ses désirs et s'éloigner de ses vices..

Mama ferme les yeux et dit: iyahe ya bniy°ti ( oui ma fille, c'est vrai.)

Quelques instants après, elle va parler d’une cousine à elle, épouse d'un milliardaire..

..Tu connais ya bniy°ti l’ححajjaFa'خخi'تتa?, elle est venue l’autre jour me rendre visite, ya r°bbi s'térr ععa'ققib°t'na bi'خخeir! (Que Dieu nous garde en bonne santé jusqu'à la fin de nos jours..); son ventre si saillant arrive à ses genoux! Quand elle s’est assise avec son large manteau et sa fourrure dessus, elle m’a appris qu’elle allait faire une opération chirurgicale en vue d’enlever les graisses de son abdomen, je lui ai conseillé de ne pas le faire, j’ai appris que c’est risqué et que après ça devient pire!

D’où ya mémeti elle tient ces informations?, se demande Badiعa amusée-affligée..

 

Mama est super agacée par l'établissement d’un régime alimentaire médical sévère instauré à son malheur de fine gourmette..

..Wili makla d°’j’noun!(des djinns),se plaint-elle.. ni sel, ni sucre, ni beurre!, j’ai entendu un عalème (un savant théologien) confirmer à la TV que les viandes rouges sont à l’origine de nos forces. D’où va-t-on tirer notre énergie?, de votre soupe au poulet et steaka't d’bibi zfe°r!?خخlassou ععliya!, zzyada m°n rass l°'حح°m°ققe! (Arrêtez-moi vos rajouts, les rajouts découlent de la tête du fou!); vos médecins sont des fous et des malades…

Badiعa, au comble de son héritage nourri par ces habitudes alimentaires, renchéries par son mode de vie sédentaire actuel, va bientôt se retrouver dans les mêmes conditions que sa chère Mama.. On dirait bien ''telle fille telle mère'', ou vice versa. Elle se demande comment arriveraient elles à gérer leur métabolisme, dispensées de menus fondants. Une sacrée volonté contre les graisses accumulées est d’urgence. Sinon elles finiraient comme Fa-خéتa..

L’histoire se répète pour Badia au moment où l’éloignement des lieux boulimiques semble parvenir à dresser des obstacles contre le mal de porter quelques soi-disant tares familiales, résidus des belles années où l’insouciance nutritive était de règle, à ces moments où tout s’ingurgitait avec délices, sans avoir à se poser tellement de questions sur les ingrédients de son menu.. Là où d’autres obstacles encore, (il semble que c'est un cercle vicieux là où elle se trouve désormais) se dressent devant sa volonté de faire un régime alimentaire et maigrir en bonne compagnie. Il le faut faire, s'éprouve-t-elle à penser, rien que par souci, par obligation, par crainte d’artériosclérose et de mort subite Il faut le faire aussi en changeant toute sa liste de mets appétissants, en exécutant ces cures consignées par les médias sur internet..

Que d’offres, que de propositions de plats succulents anti cholestérol, faut nous essayer un peu.. !, propose Badiعa à sa mère.

Nous cuisinons diète, tranche Mama.. pas besoin de vos recettes d’elmèrde!

Badiعa est dérangée par tous le tas de légumes à éplucher et le steak bibi à assaisonner avec des herbes aromatiques, si ça passe pour elle, ça ne passe pas pour son mari adepte des huiles et des tajines viandes rouges onctueux, c'est un sacré problème culinaire!

Chacun sa cuisine!

Actuellement, on n’est plus au temps du plat principal déposé gracieusement au milieu de la table ronde, alors que le pouce, l’index, le majeur, saisissent une bouchée de pain et l’imbibent de sauce onctueuse en compagnie de tous les autres doigts des convives..

Ma fille à moi, note Badiعa, se contente d’utiliser sa fourchette et de picorer au dessus de chaque plat présenté. Elle est hantée par sa minceur à conserver.. À son âge, se rappelle Badia, je mangeais tout gras et j’étais plus mince!, je ne comprends pas pourquoi?!

Mama se donne un malin plaisir à tourner en dérision toutes ces recettes d’amaigrissement, néfastes au look, soutient-elle: tu n’as pas remarqué, adresse-t-elle à Badia exclusivement, ta sœur et ton frère qui s’acharnent depuis quelques années à suivre des régimes anti cholestérol, combien leur épiderme s’est asséché et plissé!?. Je me dépite franchement sur leur mine terne et ratatinée!, minaude-t-elle (les mimiques de la vieille dame excèdent les contours et les plissures dilatées de son visage enflammé). Tu sais, ajoute-t-elle pour pimenter et graisser les extra-look désactivés: ta sœur qui vient me montrer ses pliures-gerçures sur ses moustaches de peau jaune, et qui veut aller se seringuer de silicone, je lui dis souris tout le temps et mange du beurre, enfonce ton visage dans les marmites huileuses qui lancent leurs vapeurs grasses au vent de la cuisine , et tes plissures stimulées par ces vapeurs veloutées et par tes sourires onctueux, disparaîtront.

Badiعa, exaspérée par tout le travail qui l’attend à lalla l°’cousina, s’affole; elle comprend pourquoi on opte pour les surgelés comme en occident.

L’industrie agroalimentaire chez-eux doit faire un sacré bénéfice! Manger bio est un luxe!

....et la domesticité chez-nous...aussi!, pense-t-elle…

15 juillet 2014

Les Merveilleuses

Je vais vous raconter une mora'ررaba!(une merveilleuse), annonce Tante Rabé'عa. Elle cite l’histoire du vieux mari d’une voisine à elle. Celui-ci a ramené dernièrement une Bonne. C'est une jeune fille assez belle, décrit-elle, même ''chic'', reconnaît sa maîtresse lalla Saعida qui en est contente. خAlti rapporte que son vieux de mari à Lalla Saida, apprécie la Bonne à sa guise. Car la fille, poursuit tante Rabéa, ne lui refuse rien; c’est une vraie perle, affirme sa femme.

La jeune fille paysanne, informe la tante, est civilisée depuis sa tendre enfance, à force de tourner dans les maisons comme Bonne. Celle-ci ne manque pas de s'en rengorger elle même quand elle en parle. (Il s'agit de la Bonne qui fait sa propre éloge). Elle dit de sa *''ع°zizti''..(*la femme du foyer nommée ainsi par la Bonne, ce qui veut dire ''sa chérie'') que celle-ci s’occupe bien d'elle, et elle ajoute: je fais tout sans clochettes sonnées à tout moment, comme chez d’autres! Je fais tout en douce, en silence! Chez une autre, qui me jalousait, j’ai abandonné mes frusques tout neufs..! ...

Tante Rabéa, lancée dans son récit qui semble intéresser les autres femmes, est soudain interrompue par Mama qui va citer à son tour les bévues vécues à cause de sa dulcinée envolée. Elle dit:

Si tu voyais ya خخti, si je vous apprenais tous les sacs emplis à exploser qu’emmenait le père de Fatéma!, à chaque fin de mois, quant il venait dévaliser sa fille et moi! Ils ont emporté de quoi habiller tout leur douar pour dix ans! Mes gourdes de filles les gâtent trop avec tous ces habits qu’elles leur ramènent à ces Bonnes; en plus de l’argent récolté de ci et de là! Les produits toilettes en profusion, w’zid w’zid! Si au moins cela apportait ses fruits! Aucune gratitude! Plus tu leur donnes à ces manants, et plus ils en veulent! La dernière, Fatéma, voulait se couper les cheveux comme ma petite fille et se torcher avec du papier hygiénique! Dire que sa chevelure infestait de poux quand elle a débarqué chez-moi! Je lui disais, je suis prête à héberger les lions et les tigres et non pas les poux! Qu’est ce qu’il m’a fallu pour la dé-pouxa-briller! Une tonne d’insecticide! Je lui ai même appris comment se laver f'l°m°ta'h°r, aux WC-toilettes! Ses autres sœurs, scalpées chez le coiffeur aussitôt arrivées, nous ont appris que chez eux à la campagne, ils ne se torchent pas, ni ne se lavent!

Tante Rabéa interrompue, mais donnant à sa grande sœur tout le loisir de parler et raconter ces tares de Bonnes à n'en plus finir, va quand même reprendre son récit et continuer à raconter l'histoire de sa voisine.

Celle-ci, minaude-t-elle, vous dit à chaque rencontre, parlant de son vieux mari grincheux infatigable, ''Tooouss'' sont morts, sauf lui le ''carapacé'', presque séculaire. Je ne le supporte ni l’accepte! Imaginez un homme qui épouse après moi deux femmes en sourdine, s’il meurt, je ne vais pas ''porter du blanc sur/après lui'' ni rester chez-moi trois mois sans sortir, (at'lék)t'a-t-elle dit!….

Comment?, je ne le savais pas, remarque Badia! Les femmes en deuil ne sortent pas?

Oui, pendant quatre mois, répondent les tantes réunies.

Ah bon!

Les choses heureusement ont changé!, va riposter خalti Bahiya, encore trop affectée par la mort récente de son mari. C’est la dernière en série des cinq sœurs tombées depuis ixe temps en veuvage..

Elle se sent affreusement seule!, dit tante Zoulékha..

Elle a de la chance, tous ses enfants sont avec elle, dans la même ville, apprécie Mama. En plus ils sont encore jeunes!

«Il» ne le lui a pas fait voir peu!, ajoute une autre voix de tante (c'est à dire, elle en a vu de quelques couleurs avec le défunt..)

Ils ont vécu 50 ans en ménage ya خخéti!, ajoute la tante empesée, envieuse par déception. Ses enfants à peine à l’école, (nous apprend-elle), il est devenu/ m’seilly m’diyène makay° ععr°f hi l’llahe w mra'تتouwlida'تتou! (/un homme parfaitement pieux qui ne connaît que Dieu, sa femme, et ses enfants).

Mais, laissez-moi terminer mon histoire!, s’écrie tante Rabéعa impatiente de raconter la suite..: Le mien, dit ma voisine, après soixante ans de vie conjugale, ''se trouve beau et vert encore''! Il lorgne les Bonnes! À moi, (rapporte tante Rabéa parlant du mari de sa voisine), il m’a dit l’éhonté, me rencontrant à leur porte, Bla حح°chma Bla 'ححya(sans aucune pudeur), il m'a dit qu’un homme de quatre vingt dix ans s’est remarié après la mort de sa femme et a eu un autre gosse! Je lui avais dit à sa femme, déplore tante Rabéعa, une vraie amie à moi, r°zaààla(aààdorable), que cette secte de chorfa est phénoménale! Leur fils d'ailleurs est pareil! Il a épousé trois femmes! Alors, elle m’a répondu, Je te jure bl°’r°dda,(de rage), je voudrais que mon fils envoie ces femmes au diable et épouse une quatrième qui le mérite!, qui soit à la mesure de m°حح°nn'تتou(de sa tendresse).. w’ tèy°bboub'تتou(de sa bonté) w’sخخaw°تou (de sa générosité).. maye’ s'تتa''ههlou’ههch l°’wila'ةةe (Elles ne le méritent pas les souillées!) ''On le lui fait voir et gober de toutes les couleurs'', w°lidi l°ححbib ععliya تتaye chouf l°wile!( il ne voit que souille-ries..)

La nouvelle moudawana a interdit la polygamie خalti!, informe Badia (qui est au fait mal informée comme d'habitude).

Iwa kach'ti, koul°chi ka'ye tm°cha b°l°’flouss ععan°d'na!(Si tu savais, réplique Mama toujours bien avertie sur les rouages de l'administration et de la justice), la corruption fait bon train chez-nous!

Badai remarque que celle qui se délecte le plus de la conversation, c’est la jeune fille qui accompagne tante Zouléخa. La nature des propos cités et le contexte soulevant le sujet de ''la bru rejetée'' à cause d’elle, la bourre de joie, la rengorge de toute la nouvelle importance accordée à sa présence bienfaisante auprès de la belle-mère indignée, envahie de rancœurs contre cette belle fille qui n’a pas bien agi à son honneur. En tout cas, la domestique est saturée à satiété de la situation qui fait gloire à son existence. Elle finit par se faire entendre. Moi, précise-t-elle, je dirai à mon futur fiancé''virtuel, que j’ai une Méma avec moi, dont je ne me séparerais jamais! Yaعع°ték s'terr w° r'da, ya l°rzala, s'écrie la tante avec sa voix chantante. Elle ajoute en faisant un câlin à la jeune fille, lui donnant des petites tapes à l'épaule: Wana, l°ققa bححalék?! (Est ce que je trouverais pareille que toi?) Et Tante Zouléخa de s'extasier de plus belle en invoquant Dieu. Elle souhaite aussitôt à son accompagnatrice que Dieu la protège ''sa belle''!

Badai va apprendre un mois plus tard que sa tante est à la quête d’Une autre Bonne..

 

15 juillet 2014

Randonnées en profonde Médina de Fès

 

Nombreuses, poursuit Badiعa, étaient les femmes qui venaient consulter mon oncle tout souriant, très bel homme avec une chevelure abondante et lisse qui ressortait des bords de son couvre-chef andalou gris. Son tarbouche était différent de celui rouge-cerise tunisien de Baba.

Je vois encore la fameuse chevelure soyeuse argentée-platinée de Baba, déborder sur ses tempes et sa nuque. Cela cassait avec son tarbouche rouge-cerise. Baba qu’on retrouvait aussitôt, Mama et moi, en rebroussant chemin au milieu de la cohue qui nous enveloppait. Nous étions comme poussées, traînées à petite allure, en sortant d'un angle de magasins vers un autre angle de ruelle puis d'une porte ouverte sur une place vers une autre porte qui donnent toutes presque sur le grand marabout de Fès et mènent tous directement vers l'entrée magique de la place de la Kissariya El Kifaح qui présentait un ensemble de magasins successifs de tissus, tous achalandés en gros rouleaux et de coupons d'étoffes prévues pour hommes et femmes. On y vendait charga d’Benjelloun, mlifa ou tergal, ou autres tissus plus doux, plus raffinés, déposés à l’intention des femmes, comme mousseline, tlija, mobra, velours fin et twabe d'je°bbana et les tissus des camisoles d' souss'di... C'étaient les marques ou noms de tissus exigés par Mama auprès des boutiquiers. Des fois, on passait par L°mer-'ققtane ou souk d'lala. C'est la place de la vente aux enchères par criées. Plusieurs marchands ambulants tenaient exposée leur marchandise sur les bras et lançaient leur houle de phrases en l'air appelant les passants à venir s'enquérir de leurs articles et discuter les prix...

Ce sont des ventes et achats entreprises les après-midi, précise Mama.

.. De belles housses d'occasion, des matelas et des oreillers brodés bt°rz nta'ععe et terz l°r°r'za ou d'l’be°h°'ja ou b't°r'z rbaté, étaient exposés aux yeux ahuris de Bada.

.. C'étaient des draps tous brodés au point de croix style fassi, de style purement classique! C'étaient toutes de riches étoffes passées par les mains émérites de femmes fondamentalement assises, leur métier en main. Je percevais de véritables chefs-d’œuvre de tissage et de broderies artisanaux traditionnels, et je ne comprenais pas comment on arrivait à vendre ainsi le produit de ses longs labeurs.

.. C'étaient des chefs d’œuvre que Mama regardait avec dédain. Elle affichait bien ses moues de mépris en regardant ces vieux tissages comme un résidu insignifiant des temps anciens ''dépassés'' et qu'elle taxait de ch°raw°t (de chiffons). Elle soutenait que tout se vendait neuf-éclatant dans les magasins en ville moderne. Aussi ne fallait-il plus user ses yeux dans ces broderies compliquées et interminables, ni acheter des semblables. Je continuais à lorgner à reculons, tirée par la main de Mama pressée de sortir de la cohue, le spectacle de ''ces vieilleries merveilleuses'' qui se soulevaient au dessus des têtes telles des banderoles exhalant le fruit des patio-Riyad andalous enfouis dans un passé lointain.

Je vois Mama, un de ces jours-là, au milieu de la foule mélangée de marchands-vendeurs ambulants et d' acheteurs curieux. Elle se faufile dans la trouée zigzagante que lui laissent les hommes et les femmes, serrés contre les parois et les comptoirs de boutique de la ruelle marchande si étroite, pour accéder à sa destination. Elle porte la tête haute passant telle une rosière, à peu prés enveloppée dans sa djellaba sans capuchon. Elle porte sur sa tête un simple foulard en soie mauve noué sous un menton qui laisse dégagée une bonne partie de la gorge qu'on voit sortir du col échancré de sa djellaba rose de ce jour. Elle irradie de beauté-rose, Mama! Elle porte sous sa djellaba un large décolleté de gitane.

Ses cheveux teints en noir jais se laissaient voir par des mèches qui descendaient en boucle sur le haut de son front et ressortaient en petites touffes de dessous les bords du foulard frôlant le bas de son cou dégagé.

Car Mama se faisait permanenter les cheveux chez un coiffeur juif en ville nouvelle.

Elle me tirait par la main pour que je ne me perde pas dans la foule. Puis, sorties d’un plein de ruelles aux commerces définis jusqu’à la place l°عdoul (les Adouls) qui se situe entre L'قissariya et la mosquée El قKarawiyine, nous débouchions à nouveau sur la place L’قaye°ss où se trouvent aussi les grands magasins de gros..

Babak stockait sa marchandise dans un immense magasin qu'il a fini aussi par vendre, rappelle la vielle femme avec sa moue de reproche infini pour le défunt qui a vendu à peu près toutes ses propriétés avant de mourir.

Il avait tout à fait raison, réplique Badia. L'héritage provoque des conflits odieux dans les familles.

..Ensuite nous défilions sous l’air ambré de.......

L’ععAcchàbine où il y' avait les vendeurs d’herbes enchanteresses d’un côté, et de l’autre...

*L' fnadei'ققq'!, précise Mama. Ces endroits fermés, spécialisés dans la vente de la volaille et des œufs...

 

*L° fnadeiقe est le pluriel de f°n°d°قe فندق . Ce sont de vieilles bâtisses qui servaient d’hôtels pour les marchands-vendeurs ambulants et les commerçants de gros qui y stockaient leurs marchandises. C'est au fait une bâtisse qui se compose d'un étage où il y a plusieurs chambres et d'un rez-de-chaussée doté d'une immense cour qui peut se transformer en place marchande.

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Ma langue double
  • C'est le récit d'une octogénaire qui soudain éprouve le besoin de raconter sa vie. Sa fille motivée, se fait le script de sa mère lancée dans ses souvenirs. Le texte prend des allures romanesques. Deux langues maternelles vont s'affronter.
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